Article DNA : Du hip-hop en battle
L’association Ahtiram, avec le soutien de l’Animation jeunes, a organisé dimanche après-midi un battle de hip-hop au Holtzplatz de Molsheim.
Ils étaient 14 groupes à s’être déplacés de tout le Bas-Rhin pour s’affronter sur la piste de danse installée au Holtzplatz. Battle oblige, les groupes de breakers se sont défiés, devant l’œil attentif du jury. Le but : se faire face par la danse et montrer à l’équipe adverse ce qu’on vaut. Tour à tour, les membres de chaque équipe s’avancent donc au milieu de la piste et se démènent, tournent sur le dos, le ventre ou la tête, aux rythmes imposés par DJ Anonyme. Avec à chaque fois, un petit regard provocateur vers l’équipe adverse semblant demander si elle est capable d’en faire autant. « A l’origine, le hip-hop est né pour remplacer les rixes dans les rues. C’était un moyen de s’affronter sans bagarre réelle », indique Patrick Lefebvre, responsable de l’Animation jeunes.
«C’est un véritable mode de vie»
S’ils se toisent sur la piste, les jeunes se serrent la main après chaque battle et prônent tous la même valeur : le respect de l’autre. « Quand on fait un battle, on respecte des règles, qui se transmettent par oral entre les breakers. Par exemple, lorsqu’un membre de l’équipe adverse passe, on le laisse finir sa prestation avant de répondre. Et puis on ne se touche jamais. Cela veut dire qu’on ne se bat pas », explique Manu. Il fait partie du groupe Kriptyc de l’association Hip-Hop Session d’Erstein et pratique le hip-hop depuis sept ans. « Pour moi, le battle est un moyen de se revendiquer au sein du milieu hip-hop, contrairement aux shows, qui servent plus à nous faire connaître auprès du grand public ». Pour lui, le hip-hop ne se résume pas aux figures réalisées sur la piste. « C’est un véritable mode de vie. Entre nous, on en parle tout le temps, on discute des battles, on écoute du break et on regarde les vidéo du Battle of the year, championnat international ».
Il faut se démarquer des autres
Pour plaire au jury, les breakers ne se sont pas contentés d’enchaîner les figures. « Il faut que les mouvements correspondent à la musique et qu’ils soient fluides », explique Kirlin, membre du jury aux côtés de Ratanak et de Poket. Au delà des prouesses techniques, le style est également essentiel. « Il faut se démarquer des autres dans la manière de danser, être original », indique par exemple Pasco. Agé de 18 ans, il pratique le hip-hop depuis 9 ans. « On se connaît tous à force. C’est comme ma deuxième famille, j’ai fait de belles rencontres dans ce milieu », indique-t-il. Organisée par l’association Ahtiram, la manifestation a réuni une cinquantaine de personnes. De quoi ravir Clément, Raphaël, Mickael et Manuel, les jeunes membres de la structure. Agés de 17 ou 18 ans, ils ont mené à bien ce projet du début à la fin. « Il a fallu trouver le DJ, les membres du jury, rassembler les équipes : cela a été une prise de responsabilité », confie Mickael, jeune président. Si la journée s’est terminée par la victoire de Toxic-Crew, de Mulhouse, elle a aussi été l’occasion pour les breakers de faire le show, ensemble, pour le plaisir des spectateurs impressionnés.
G.J.


