Focus sur les arts urbains
La culture urbaine a le vent en poupe, et Hip-Hop Session entend bien en faire découvrir toutes les richesses aux Ersteinois le week-end prochain : du 26 février au 1er mars, l’association organise son premier « festiv’arts urbains » à travers la cité sucrière, à la croisée de la danse, de la musique et des arts graphiques. Prometteur.
Bien connue à Erstein, l’association Hip-Hop Session marque de sa griffe le premier « festiv’arts urbains » de la commune. (Photo archives DNA)
« Là, on est claqués. C’est quelque chose, d’organiser un rendez-vous de cette envergure ».
Oser toute une
exploration de
la culture des villes
Cool-attitude, d’accord, mais ne surtout pas se fier aux apparences : Manu et Flavien, les jeunes piliers de Hip-Hop Session, ont la pression. Compréhensible : cela fait près d’un an qu’ils travaillent comme des forcenés à l’organisation, à Erstein, du nouveau coup d’éclat de leur association. De quoi parle-t-on ? Du premier « festiv’arts urbains », un nom qui, de prime abord, sonne très bien. Ce sera l’occasion d’y célébrer le hip-hop, certes, mais aussi d’oser toute une exploration de la culture urbaine, qui passe par les platines, le chant, le graff’ et les arts graphiques -dont ceux, très méconnus, de l’« ascii » et de la demoscene (voir ci-dessous). Au minimum, c’est ambitieux.
Mais il s’agit de ne pas se rater. Alors, pas question de tout gâcher pour un simple déficit d’image ou de communication. « Ce qu’on veut, c’est que les gens viennent en nombre, et de tous horizons. On a vraiment fait en sorte que ça puisse intéresser toutes les générations ». L’enjeu est majeur : alors que les arts urbains gagnent globalement en renommée et en visibilité, le regard porté sur le phénomène resterait en effet méfiant, distant, une fois sorti des grandes métropoles. « Notre image a changé, c’est vrai, au fil des années, on commence à être accepté, expliquent d’ailleurs Manu et Flavien. Mais on sent qu’il y a encore des réserves, ce qui fait qu’on a un peu de mal à attirer du monde à nos manifestations. Pourtant, on n’est pas élitistes, et certainement pas repliés sur nous-mêmes. Et c’est ce qu’on veut montrer à travers ce festival ».
Le festival partage les
références de la jeune
génération du XXIe siècle
Du coup, les deux compères, avec une dizaine de complices de l’association, ont mis les petits plats dans les grands pour séduire le tout-venant. Avec, au menu, de la danse, du chant, un show, une exposition. Voulu fédérateur, le « festiv’arts urbains » est à la croisée des chemins, partage les références de la jeune génération du XXIe siècle. Il est, aussi, incomparablement plus conséquent que tout ce qu’avait proposé l’association jusqu’ici. Hip-Hop Session, par le passé, s’est certes déjà fait remarquer avec l’organisation de journées festives dédiées au hip-hop et au break, ce style de danse typique de la mouvance. Mais cette fois, il s’agit de fait de changer de catégorie, et pas qu’un peu : quatre journées, pas moins, seront consacrées à la découverte de toutes les facettes de la culture urbaine, « à l’exception du beatbox, qu’on n’a pas pu faire représenter cette année », regrette Flavien. Petite déception sans conséquence, cependant, tant la diversité est au programme de la manifestation. A ne pas rater, donc, ne serait-ce que pour s’ouvrir quelques nouveaux horizons…
Nicolas Blanchard
Infos sur le « festiv’arts urbains » sur le web http ://hip-hopsession.org ou http ://festivartsurbains.org, ou par téléphone au Tél: 06 10 40 46 18 (Manu) et Tél: 06 83 18 75 75 (Flavien).
Édition du Jeu 25 fév. 2010
Envie d’un « break » ?
Le programme du « Festiv’arts urbains » est alléchant. Le point sur les grands rendez-vous de l’événement, qui multipliera les invitations au public jusqu’à lundi soir.
L’art « ascii » fait partie de la culture urbaine. Une dimension méconnue de l’association Hip-Hop Session. (Document remis)
Le festival s’installera dans les salles de la cité sucrière du 26 février au 1er mars. Et donnera l’occasion à tout le monde d’y trouver matière à s’intéresser, voire à se passionner.
Le vendredi 26, de 19 h à minuit, Hip-Hop Session lance ainsi une invitation à tous les danseurs qui veulent briller sur la piste, sous le préau de l’école Anne Frank (entrée gratuite). « L’idée, explique Manu, c’est que tous ceux qui veulent danser s’y retrouvent, le temps d’une soirée d’échanges. Et on ouvre le show aux curieux. Ce qu’on aimerait, c’est la créativité trouve, lors de cette soirée, un lieu pour s’exprimer ». Sont invités, pour faire simple, tous ceux qui le souhaitent, d’Erstein et d’ailleurs.
Du break sous le préau
Temps fort de la manifestation, le festival se poursuivra ensuite le samedi 27 février par un battle de « breakdance », toujours sous le préau de l’école Anne Frank (entrée : 4 € pour les spectateurs, 10 € pour les groupes). Principe immuable -les meilleurs danseurs remportent le concours-, mais promesses d’un show tonitruant : « On aura des groupes français et internationaux, dont une formation parisienne appelée « Home Street Home, explique Manu. Dans leur truc, y’a de la salsa, du jazz-rock, du break, du hip-hop, des acrobaties et de la capoeira. Ça colle bien au côté éclectique du festival et c’est impressionnant à voir ». On peut également signaler qu’un chanteur sera invité à l’événement : « Le gars zen », aux compositions plutôt plaisantes [*], accompagnera le tournoi tout du long.
Le dimanche 28 février, c’est du côté du Beau b’Art, à la Filature, que le festival prendra ensuite ses quartiers. Pour un rendez-vous plutôt atypique : Flavien y présentera de 17 h à 19 h, sur fond de démo de danse du groupe Kryptic Crew, une exposition dédiée à la « demoscene », intitulée « Art is Love » (voir encadré). Le graphisme numérique y sera transposé sur des tableaux montrant le dynamisme de la scène underground de l’art dit « ascii » (entrée libre).
Un show final
Enfin, le festival se terminera le lundi 1er mars par un spectacle d’1 h 30 à la salle Saint-Martin (prévente 5 € à l’office du tourisme du pays d’Erstein, sur place 7 €). A partir de 20 h, le show, intitulé « Evasion », associera l’« Horizon Crew » de Barr, le groupe « Stand-up » de Haguenau, le « Kryptic Crew » ersteinois et le chanteur « Le gars zen ». « On dévoilera notre nouveau spectacle lors de cette soirée qui sera le bouquet final du festival, explique Manu. On a repris et revu toutes nos chorégraphies des dernières années, et ajouté quelques nouveautés ».
N.B.