DNA : L’artiste au pinceau numérique
Depuis le festiv’arts urbains, Erstein fait la part belle à l’art de rue. Parmi les artistes locaux, Flavien Deneuvelaere expose pour la première fois son art du graff’ et du numérique au grand public. Rencontre au Beau b’Art.
« C’est beau…Mais qu’est-ce que c’est ? » Pour les explications, l’artiste n’est jamais bien loin. A 26 ans, Flavien Deneuvelaere vit sa première « vraie » exposition. Avec 13 de ses toiles épinglées au Beau b’Art, dans le quartier de la Filature, il a jusqu’au 30 avril pour se raconter. Tout un art, on vous dit !
« On tente toujours d’atteindre le top »
Monstres gris, chats rouges, femmes nues… Les oeuvres de Flavien touchent à tout. « J’aime bien celle avec les pixels, tout en longueur, là-bas », lance Mathieu, un jeune client. « Les pixels, c’est ce qu’on appelle l’art ascii », précise l’artiste. Concrètement, il s’agit de créer des images en utilisant exclusivement les caractères, de tailles différentes, contenus dans un code d’ordinateur. Chaque oeuvre représente ainsi entre 10 et 40 heures de travail. Le tout est réuni dans un « art pack » avec les créations de son groupe, « Titan ».
Créée en 2004, cette communauté d’artistes rassemble des passionnés de Paris, Amsterdam ou encore Francfort. « On se réunit une fois par an avec les autres groupes dans une “demoparty”, pour élire la meilleure compilation, explique Flavien. C’est un honneur de le gagner donc on tente toujours d’atteindre le top ! » Résolument underground, ce phénomène, appelé « demoscene », tend à se développer et à s’étendre au grand public. « C’est un milieu d’hommes à l’origine. Depuis quelques années, on ouvre donc gratuitement ces événements aux femmes pour qu’elles participent plus », assure-t-il.
A Erstein, cette forme d’expression a été mise sur le devant de la scène dans le cadre du festiv’arts urbains en février dernier. Une bonne occasion pour Flavien de se lancer :« Au début, je ne savais pas ce que je valais, j’étais très réticent. Mais j’avais quelques bons dessins qui traînaient, alors je me suis dit autant y aller ! ».
Véritable tremplin pour ces artistes locaux, le Beau b’Art accueille une nouvelle exposition tous les deux mois. Pour Claude Gubiani, son gérant, le bar suit les tendances de la commune. « Il y a une certaine demande de la part des habitants, donc je demande aux artistes de décorer mes murs et en échange je fais leur pub sur place et sur Internet ! », s’amuse-t-il. Et ça marche : Flavien a déjà vendu 9 de ses toiles.
Le déclic art de rue
« Un jour, je me suis fait choper par la police et j’ai compris que ce n’était pas la bonne direction à prendre. » A l’époque graffeur, Flavien décide de créer une association avec un ami. « Hip-Hop Session » veut réunir les jeunes autour de la culture du hip-hop, de la danse au graffiti en passant par le beatbox. « Mon but est de trouver une activité pour les jeunes d’ici et de leur montrer que ce n’est pas en faisant des choses illégales que l’on avance », explique Flavien.
Première réussite en 2004 : la rénovation en graffitis du gymnase Yourcenar à Erstein. « C’est une fierté que de voir le regard des jeunes et de leurs parents devant le résultat », confie-t-il, souriant. Mais les projets ne s’arrêtent pas là : il doit prochainement exposer à Strasbourg. Sans oublier l’association, la musique et la danse… Chic type.
Lætitia Simoes

